La réunion parents professeurs de rentrée

La réunion parents professeurs de rentrée

Il est temps que je vous raconte celle-ci car les conseils de classe du 1er trimestre commencent déjà.
C’est du très classique si vous avez des enfants dans les lycées français de l’étranger. Cette réunion a lieu en fin de journée-début de soirée, environs deux semaines après la rentrée et c’est parents only. En général il y a un niveau par jour. Trois enfants, donc trois “cinq à sept” de bloqués. La maison doit fonctionner sans moi pendant ces heures critiques. Ben oui critiques, tous le monde est crevé, en plus “il fait chaud Maman tu ne te rends pas compte”, les garçons ne veulent pas faire leurs devoirs, tu ne supportes plus de les voir chatter sur iPod, iPad, ordi, téléphone pendant que toi tu vérifies Pronote. C’est aussi l’heure du “qu’est-ce qu’on va diner?” et donc du “mais qu’est-ce que je fais ici?”.

Ouep, en fait c’était bon d’avoir une excuse pour dire: “Je m’en moque, débrouillez-vous, moi je vais à l’école! Bisous, bisous mes chéris.” Et de sauter dans la voiture conduite par Magic.

Les étapes:
1- Arrivée dans la salle polyvalente.
2- Speech du proviseur (il fait chaud et on n’est pas très bien installé).
3- Présentation de l’équipe pédagogique.
4- Questions d’ordre général: la sécurité bien sûr et only car il n’y a pas de cantine…
5- Rendez-vous dans les classes avec l’instituteur ou le professeur principal.

Je laisse tomber le primaire, Lila en CM2 a un maître top et les parents ça va (à part deux psychopathes comme partout qui trouvent que les enfants n’ont pas assez de devoirs et n’utilisent pas assez leurs manuels).

Je vous raconte donc les Secondes, 1er enfant au Lycée chez nous, je suis donc plus attentive aux info et au déroulement des opérations. Les salles de classes sont indiquées sur un panneau dans la cour, je ne sais déjà plus si Clovis est en Seconde B ou C et je ne connais aucun des parents d’élèves donc je l’appelle pour savoir. C’est C. Deuxième étage, escalier extérieur, 30 degrés à 18h, il fait nuit, il n’y a pas d’éclairage, je suis maquillée, coiffée et sur des talons de 10 cm. C’est la fameuse soirée avec cent personnes qui m’attendent à la maison. Allez, je monte!

Entrée remarquée, mais je ne suis pas encore en retard. Les places du fond sont prises je m’assieds donc devant. C’est bien pour voir les profs de près mais super nul pour rencontrer les parents car je leur tourne le dos. La prof principale, mathématiques, est là. Elle a l’air d’être dynamique, motivée, charmante, souriante, organisée, sympathique, dans la trentaine: tout va bien.
Les profs se succèdent, se présentent rapidement. On en voit la moitié, c’est déjà pas mal (je rappel que c’est un standard Lycée français AEFE). Il y a bien des absents qui n’arrivent que la semaine prochaine et un congé mat jusqu’à Noël qui sera remplacé. Génial! Bon, le remplaçant de DNL* qui doit faire cours en anglais ne parle pas anglais mais c’est un super prof d’Histoire Geo 😉

Enfin, on arrive à l’élection des parents délégués de la classe. Consensus timide, poli mais ferme: nous sommes quatre parents a bien vouloir s’en charger, deux délégués et deux suppléants. Parfait? Mais non car madame Machin, super prof principale veut un combat de parents, de vraies élections avec votes à main levée. Elle continue à encourager le reste des parents à se présenter, mettant en oeuvre toutes ses qualités mentionnées ci-dessus. J’hallucine. Heureusement pour moi c’est sans succès, car l’heure tourne et je suis attendue sur mes talons, la robe déjà un peu froissée et le brushing presque à plat.

Bises à toutes,
Thea

*DNL: Discipline Non Linguistique
Ce qui n’apporte rien à la question: “mais qu’est-ce que c’est?”. Clovis a normalement 4heures d’anglais supplémentaires par semaine en option Européenne, une heure de cours d’anglais et 3 heures de DNL, une autre matière que l’anglais enseignée en anglais. Cette année c’est Histoire-Géo mais en français jusqu’à Noël 😉

Réception chez Yanis

Réception chez Yanis

“Et bonne chance surtout”

(Phrase culte de Jean-Claude Duce dans Les Bronzés font du ski. Vous vous souvenez du moment où il dit ça? …)
Je reprends là où je vous avais laissées. Je suis au frais dans la voiture devant l’hôpital de Tokalo et j’attends que ça se termine pour rentrer à Douala me coucher. Je vais un peu mieux et j’ai honte de toute l’attention qu’on me porte. Quand Emma revient à la voiture je fais la grosse erreur de lui dire: “Surtout ne changez rien au programme pour moi”. Soulagement pour toutes les filles (les membres du Comite Dames qui ont fait le déplacement jusqu’ici): la fête continue. Nous allons donc chez Yanis au village qui a préparé une réception pour l’événement.

Yanis est heureux. C’est la concrétisation de son projet grâce au support du Comité. Pour l’occasion il nous a organisé un grand buffet dans la maison qu’il est en train de construire pour sa retraite, au village derrière la maison de ses parents…

Mon Dieu, comment vais-je tenir? Je suis debout mais la nausée n’est pas loin. Donc assise. Je regarde discrètement ma montre. Il est 13h. La famille dresse le buffet. Yanis va chercher le vin rouge et le vin blanc. Il y a aussi du Top et de l’eau. Le vin rouge c’est du Saint Emilion cru bourgeois qui se retrouve dans des verres en plastique de 500ml par 35 degrés, une bouteille fait donc 2 verres!!! No comment. Le vin blanc, c’est comme ça qu’ils l’appellent, c’est un bidon de vin de palme 😱.

“Qu’est ce que c’est que le Top?” Mais c’est LA marque de toutes les boissons gazeuses ultra sucrées du Cameroun: Top cola, Top Tonic, Top orange, Top citron, mais aussi ananas, pamplemousse, fraise, grenadine et j’en oublie. La seule qu’ils ne font pas c’est l’eau gazeuse, ça s’appelle du Schwepps soda.

”Juste un verre d’eau pour moi s’il vous plait, je suis désolée je ne suis vraiment pas en forme”. Même pas un Top. Heureusement les filles profitent pour moi, je les entends rire aux éclats dans la pièces à côté, où elles se sont retrouvées entre elles.

La nourriture arrive, c’est la grande classe, tous les plats traditionnels sont devant nous:

  • La carpe
  • La banane plantin
  • Koki (pain de haricots blancs à l’huile de palme)
  • Manioc et patate douce
  • Gateau de pistaches
  • N’Dolé (la chose verte en bouillie)
  • Gateau de manioc: Ekoka
  • Bobolo ou Miondos (j’ai du mal a faire la différence): bâton de manioc ficelé dans une feuille de bananier.
  • Porc-Epique (la viande marron au fond)
  • Mitumba (pain de manioc cuit dans des feuilles)
  • et enfin au bout du riz

Non mais si ils croient qu’un jour je vais goûter du 🐭! Je n’ai pas signé pour Kolanta et avant que j’ai besoin d’en manger pour survivre…. Mais il ne faut jamais dire jamais, non? Quant au N’Dolé et au manioc, c’est fait. Pour le poisson, vu la route je me méfie.

Je les regarde boire et manger, je tiens le coup avec un sourire faible et poli, des grands “Merci”, “Je suis vraiment désolée”.

14h15 il est temps de partir pour arriver à Douala avant la nuit. Les règles de sécurité de PetrolCo sont claires: on ne conduit pas la nuit. Il n’y a pas d’éclairage sur les routes, les trous sont énormes et plus de la moitié des voitures et des camions n’a ni phares ni rétroviseurs…

C’est le moment des grandes embrassades, des photos avec les portables de tous le monde, et de charger les cadeaux à l’arrière du pick up maintenant vide. Pour nous remercier Yanis nous offre à tous du manioc en rouleau et des plantains. Si d’un point de vu culinaire nous sommes très différents, les téléphones portables, WhatsApp, les selfies et les réseaux sociaux rapprochent nos habitudes (du moins pour notre jeune génération😉).

Voici quelques photos témoignage et bises à toutes,

Thea

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Remise de dons au centre de santé intégré de Tokalo

Remise de dons

Nous sommes donc bien arrivés au Centre de Santé Intégré de Tokalo. Devant le bâtiment il y a 2 tentes-barnum. A droite, celle pour les villageois avec des bancs pour une centaine de personnes, au milieu le pupitre avec le micro, à gauche la tribune pour les invités d’honneur avec deux rangées de sièges. Je me rends compte à ce moment là de l’importance de l’événement localement.

Les officiels sont: le chef du village, le sous-préfet du département, le chef du centre de santé départemental, Yannis le cadre de PetrolCo originaire de ce village qui a apporté le projet et nous 8 (les femmes en vert).

Crève + 4h de route + chaleur accablante = j’ai bien peur de ne pas pouvoir tenir mon rôle de marraine, que je définirais en deux mots:

“soutien et sourire”.

Mais bon, j’y vais.

Première étape: l’arrivée

Descente de voiture. Je marche devant avec Emma qui me suit de près avec les autres femmes de PetrolCo.

Remise du bouquet à THE marraine (moi) par une petite fille du village. Alors comme Kate je me suis baissée, j’ai pris les fleurs avec un grand sourire et puis j’ai demandé à la petite fille “tu t’appelles comment?” pour la remercier. Et là, (c’est pas un prénom ca!!!!!)  j’ai dit très très vite “Merci beaucoup Junearissabonjémassé”…

Ils ont tous du trouver que j’avais un accent bizarre, enfin c’est ce que je me dis. No comment (après reflexion elle a du me donner tous ses prénoms et tous ses noms: June Larissa MBonji Macé).

Deuxième étape: remise des dons

Nous nous asseyons à nos places, je suis au premier rang, au centre, madame la sous-préfet à ma droite, Emma à ma gauche (ouf!). Commencent les discours (c’est long mais comme je n’ai pas à en faire je suis soulagée): la présidente du comité, le responsable de l’hôpital départemental, le chef du village. Suivis du spectacle pour l’occasion (si si avec un vieux clown extraordinaire qui faisait des blagues en dansant et en chantant) puis c’est la remise symbolique des dons au responsable du centre.

Je me lève avec Emma, nous remettons dans les mains du responsable un carton de medicaments. Puis les chauffeurs avec de l’aide apportent le reste du materiel. La tribune d’honneur vient se joindre à nous pour les photos. Ca dure, mais ca dure …

Puis je retourne m’assoir avec les autres.

Troisième étape: visite du centre et premier buffet

Je vais m’évanouir (sans déconner), je panique à l’idée de vomir là, devant tous le monde. Je dis à Emma que je ne me sens pas bien. D’un signe Jacques le chauffeur arrive et avec Emma me soutenant à gauche, Jacques me soutenant à droite, je marche jusqu’à la voiture pour me reposer à la clim (pas de clim dans l’hôpital), je rassure le médecin qui vient me voir et lui promet de le faire quérir si cela ne va pas mieux.

LA HONTE!

J’ai raté la visite, cela m’attriste et me manque car c’est pour ça que j’ai fait le voyage, pour voir à quoi ressemble une annexe d’un hôpital départemental ici au Cameroun, rencontrer le personnel médical, me faire mon idée à moi. C’est dure de comprendre que des médecins, des infirmières, avec des années d’études et des diplômes d’état puissent vivent dans des lieux et des conditions si loin de nos standard de confort minimum européen.

Bon j’ai manqué le buffet, dommage (vraiment? 😝). Mais il y a une suite: La réception d’honneur chez Yannis …

Voyage à Tokalo

Voyage à Tokalo

8h de route dans la journée.

Objectif: acheminer et remettre des dons en matériel medical et hospitalier (3 lits médicalisés et autres équipements ainsi que des médicaments) au Centre de Santé Intégré de Tokalo.

Trajet: 110km au nord de Douala.

Problème: J’ai la crève (si, ici aussi il y a des virus bénins mais ch…..).

Départ à 6h30, Emma la présidente du comité vient me chercher à la maison et nous partons avec Jacques, le chauffeur, pour Tokalo. J’appréhende un peu ce voyage en tête à tête à l’arrière du Prado pendant 8 heures. Nous devons retrouver en route le convoi de PetrolCo, c’est à dire un autre 4×4 et l’énorme pickup qui transporte notre cargaison.

Pause au PK40 (kilomètre 40) pour une pause pipi et un croissant que les filles nous ont acheté, quatre voyagent dans le 4×4 et 2 dans le pick-up. Même si je ne suis pas en forme c’est bonne ambiance, les filles plaisantent et sont clairement heureuses d’être là. C’est l’aventure mais aussi l’aboutissement de leur projet. Nous portons toutes (nous sommes 8) pour l’occasion un polo vert petrolCo.

PK45. C’est déjà la fin de la route en bitume à trous. Prévoir un soutien gorge de sport maintien maximum pour les trajets en voiture, je m’en souviendrai.

Après le croissant, je ne vais pas mieux, c’était une erreur. Mais bon j’ai prévenu Emma que je ne me sentais pas très bien donc je peux somnoler et ne suis pas obligée de faire la conversation à ma voisine.

A 80 km, la route en latérite s’arrête pour nous laisser continuer sur une piste. La difference? La photo avec la voiture dans le trou, c’est de la piste. Sur la latérite, il y a des trous mais ça passe, la piste mouillée: ça ne passe plus.

La voiture engluée c’est un taxi, en général une vielle Toyota du début des années 90 de couleur jaune. Celle-ci est toute neuve, très rare. On s’arrête, il y a seulement deux voitures devant nous, mais déjà pas mal de monde au balcon qui sort d’on ne sait où. Finalement, le taxi embourbé est littéralement porté à bout de bras hors de l’ornière par les gens du coin, le chauffeur de la ville et son passager ne se sont pas salis, et nous pouvons continuer, secouées certes, mais sans autre soucis jusqu’à Tokalo.

J’avoue avoir fermé les yeux plusieurs fois en priant pour que nous ne restions pas coincés, c’est sure que le gros 4×4 de Bonemine n’aurait pas été soulevé comme le taxi…

Demain je vous parle de la remise de dons au centre de santé intégré de Tokalo

Bisous à toutes,

Thea

route-de-tokalo

Journée d’action bénévole en famille

Journée d’action bénévole en famille

Nous sommes rentrés la veille d’Europe, mais nous voulions être là pour l’orphelinat Saint Joseph! Notre première action bénévole en famille (n’ayons pas peur du premier cliché: la famille expat BIEN).

Oreste, le meilleure cuisinier/restaurateur français du coin, organise avec le soutien du Rugby Club des Papas (the très connu RCP de la ville) une journée découverte-ateliers de rugby pour les enfants des rues du foyer Saint Joseph. Petrolax (il n’y a pas que PetrolCo dans les parages) prête son terrain de foot avec ses infrastructures, Oreste mobilise ses équipes pour préparer un déjeuner à la française (salades, brochettes de bœuf et poulet en sauce, gratin dauphinois, brandade de morue…) pour une centaine d’enfants. Les joueurs du RCP et les Mini RCP sont sur le terrain dès 9h du matin (il fait déjà 30° ou presque).

AM

Les enfants du foyer arrivent en bus avec Sœur Monique ici depuis 15 ans, successeur de la fondatrice de la mission. Il y a aussi Julien, “le nouveau coopérant” (je ne savais pas que ça existait encore, je rajeunis c’est cool non?) qui est là pour 2 ans, en charge de la gestion et du développement de la mission. Et puis, HEUREUSEMENT, les animateurs habituels des enfants.

Pendant que les RCP members, mini et maxi, sont sur le terrain, les mamans sont aux fourneaux pour préparer les gâteaux (cliché number 2). Il faut aussi trier les vêtements, retrouver les cahiers et crayons et l’enveloppe à donner à l’orphelinat.

Je vous rappelle que c’est le retour de 15j de vacances: donc en même temps on vide les valises, on fait les lessives (un minimum) et mince il n’y a RIEN dans le frigo! Courses à l’arrache avec l’essentiel du jour: des œufs, du beurre, du sucre et de la farine. Retour à la cuisine, vite, vite un gâteau au yaourt aux pommes et des cookies au choc et raisins secs (avec du recul j’aurais dû bêtement faire un mega gâteau au chocolat mais je voulais faire goûter des ingrédients de chez nous. Quoi? Je suis cucu? Oui bon bref, encore une tentative de Madame parfaite à l’eau).

Sans avoir déjeuné, on arrive sur le site à 14h avec un gâteau qui a mis 1h30 à cuire et la moitié des cookies car plus le temps, persuadée que tout était pour le dessert. Lila me soutient ou plutôt me suit depuis le matin avec l’unique espoir de peut être réussir à avoir un playdate en fin de journée quand tout ça sera fini. Le terrain est vide, les enfants sont encore à table dans le réfectoire. Dehors, quelques hommes blancs fument leur clope avec un pastis ou une bière à la main (cliché number 3, resistant: l’expat d’Afrique boit beaucoup et se laisse aller) mais la grande majorité des papas fait le service du dej à l’intérieur.

WAHOU!!!! Bravo les mecs! C’est très joyeux, convivial, mélangé, bonne ambiance… mais aussi BRUYANT et DEGUEU, il y en a de partout (vous me direz, c’est comme à la cantine mais justement je n’y suis pas et ici il n’y en a pas).

PM

Les gâteaux seront pour le goûter. La journée n’est pas finie: les ateliers c’était le matin maintenant on joue. Eddy est liquide, claqué mais heureux, c’est son truc l’encadrement, il a quand même passé son BAFA à 18ans 😉. Clovis et Phileas (15 et 13 ans) suivent le mouvement, ils vont enfin jouer… Pas sur que Philou ait bien capté le but de la journée dis-donc, je le vois râler de loin, il n’est pas avec ses copains. Les enfants du mini RCP sont répartis dans les différentes équipes avec les enfants du foyer. C’est pour ça qu’ils sont là depuis 9h du matin.

Pendant ce temps je rencontre et discute avec Sœur Monique et Julien qui veulent parler de leurs projets à PetrolCo … Là, je redeviens Marraine et les aiguille vers “the Comité des dames”. On se reverra. Mes copines arrivent peu à peu, elles savaient que ce n’était pas la peine d’arriver trop tôt, elles. On papote, on rigole et c’est l’heure du goûter. Au boulot. On coupe les gâteaux puis distribution. Heureusement que les animateurs sont là pour mettre de l’ordre et tout le monde en rang sur 2 files (oui même les mini RCP). Et c’est parti! Il y a même eu 2 passages, un franc succès.

Les mecs sont “à démonter et à repeindre” et à nettoyer aussi. Eddy est impatient de rentrer, mes garçons moins, ils ont retrouvé leurs potes, plein de choses à se raconter et pas du tout envie d’approcher leur bureau. Oui ils sont entre eux, on arrête là les clichés, on ne mélange pas en une journée deux mondes si éloignés. Mais ils ont joué ensemble c’est déjà ça 😇.

Nous quittons le terrain discrètement pendant que les enfants ont droit à une boisson et que les adultes terminent les bouteilles de pastis, “il fait soif” et toujours chaud c’est vrai.

Bisous à toutes,

Signé Thea

PS:

1- Non je n’ai pas de photos.

2- BAFA: Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur.

3- L’organisation “Orphelinat Saint Joseph” pour les enfants des rues, comprend 2 “orphelinat/foyers” de garçons, une ferme de réinsertion avec activités agro-pastorales, et s’occupe du suivi des filles (en générale placées avec de la famille) soit à l’école, soit en formation professionnelle ou en apprentissage avec un système de crèche pour celles qui sont déjà mère.

4- Rappel: j’invente tous les noms de mes personnages bien évidemment fictifs 😘😘

 

La réservation

La réservation

Il faut avoir l’épisode L’hôtel en tête car celui-ci se passe au milieu.

Après 4 heures dans l’eau et sous une pluie battante, les surfeurs et les baigneurs décident enfin de remonter à l’hôtel de l’autre côte de la route. Nous quittons donc les chaises en plastique de la “case sur les rochers”. La nuit va tomber. Oui, déjà… et les moustiques vont se lâcher.

A la réception il y a les Raymond et les Roger, deux familles d’expatriés (françaises) de Douala que nous connaissons. Ca n’a pas l’air d’aller trop fort. Ils sont 14 eux aussi, mais avec plus d’enfants et plus jeunes (seulement les enfants sont plus jeunes on est bien d’accord). Ils arrivent juste puisque ils se sont arrêtés en chemin pour essayer de faire du tourisme. La saison des pluies rend souvent les chemins d’accès aux sites impraticables donc on essaye, on n’est jamais sûr. Mais voila; il est 5h et tous les bungalows ont été reloués. Il reste une chambre pour 4 c’est à dire 2 lit doubles et une chambre pour 2 avec un seul grand lit. Nous sommes à 2h de route de Douala et on ne conduit pas la nuit  …….. Je ne vous écris pas tous les mots “doux” qui me sont passés par la tête à ce moment là pour compatir à leur galère.

Heureusement les Roger, ils ont l’habitude, c’est leur 4e année au Cameroun: rester calme, garder le sourire (euh là non le sourire c’est trop), trouver et négocier fermement la solution. Chapeau! Car, quand même, les 2 familles avaient rappelé l’hôtel le matin pour confirmer la résa et prévenir de leur arrivée en fin de journée. C’est à devenir dingue.

Les bungalows sont reloués parce que “les gens” annulent sans prévenir comme on ne verse pas d’arrhes. C’est aussi ce qui va nous sauver les Raymond-Roger du camping improvisé dans les 4×4 car heureusement une 2eme chambre de 4 se libère. Certes ce n’est pas les bungalow attendus (et nous gardons les nôtres) mais, têtes bêches à 6 par lit ca va aller

“Bravo les amis vous m’épatez, venez donc boire un petit rhum avec nous!” … Quand les petits seront couchés bien sûr

L’hôtel

L’hôtel

Vous en rêviez, un petit weekend à 3 familles de copains dans un hôtel de bungalows au-dessus de la plage. Surf à volonté, déjeuné et dîné dans une case sur les rochers, au pied du Mont Cameroun, volcan de plus de 4000m d’altitude qui se jette en pente douce dans le Golfe de Guinée en face de Malabo…

Sauf que ici les nuages ne bougent PAS!!!!!!

Ils s’accrochent à la pente douce. Ce qui nous a donné 24h d’orage et de pluies torrentielles.

Quand je dis” torrentielles pendant 24h”:

1- On oublie la case sur les rochers.

2- Ca donne des coupures d’électricité, une dizaine de “petites” et puis celle 6 heures durant au petit matin.

3- Mais comment ont-ils réussi à construire ces boukarous (oui pour moi aussi c’est un nouveau mot, c’est une paillote/case/bungalow rond) avec une telle pluviométrie?

Et comment arrivent-ils à les entretenir? Même très basique, du ciment, du carrelage, de la tôle, deux lits doubles avec des draps propres et secs (oui mais deux moustiquaires qui n’ont pas été lavées depuis “cala cala”) un bureau et un placard, une salle de bain “comme un vestiaire de foot” (selon Eddy) pas très chic mais propre, une télé à écran plat avec 20 chaînes et le wifi (oui il faut l’électricité pour ça, je sais). Il n’y avait pas de bestioles ni dans la chambre ni dans le vestiaire. Chapeau! sauf pour l’odeur de la moustiquaire mais je suis en mode “roots”.

Une journée à regarder la pluie tomber en papotant et la soirée à picoler et déguster un énorme plateau de fromages et charcuterie importé de France (et apporté en voiture jusqu’à notre coin perdu), dans les canapés du lobby finalement, avec les potes, restera un excellent souvenir. Pendant ce temps, les enfants ont attendu leur steak frites 30 minutes et leur poulet frites 2h, allant d’une case à l’autre vérifier le signal wifi en se servant des bodyboards et des planches de surf comme parapluie. Ah vous n’avez pas bien compris: en fait au bout d’une demi heure le serveur est venu me prévenir qu’il n’y avait plus de steaks (c’était peut être mieux en fait) donc on a commandé le poulet, pour tous les enfants pareille sinon c’est trop compliqué 😆.

Dimanche matin, j’ai rangé le bungalow, payé la note d’hôtel, après l’avoir calculée et expliqué les comptes à la réceptionniste (les grands groupes c’est compliqué je comprends), chargé la voiture (voui toute seule) pendant que le reste de ma famille était reparti surfer sous la pluie… Pour ma part j’avais eu assez d’eau et ne cherchait qu’à partir vite vite vite vers Douala et le soleil. Car oui à 20km de là il pleut quand même beaucoup moins.

PS: Ci-dessous les photos de l’hotel sur leur site quand il fait beau. Et ben on voit que ca n’arrive pas souvent!!! Le lobby c’est juste en haut des marches, à côté du restaurant-terrasse 😘

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L’échange

L’échange

Fêter l’anniversaire de Clovis 15ans en arrivant à Douala…
Eddy se dit qu’un T-shirt serait sympa, vu que c’est le seul vêtement qui passe chez les ados ici. Essayez de trouver un garçon entre 8 et 18 ans qui porte autre chose pour aller à l’école française! Oui ici aussi il n’y a que la nôtre, d’école, où les enfants n’ont pas d’uniforme. Je trouve encore que c’est bien dommage mais bon.
Donc le soir du B Day, Eddy passe chez Citysport à l’arrache en sortant du bureau plus tôt, trouver le cadeau. C’est “The” magasin de sport multimarques (pas des imitations) de Douala.

Le cadeau: un T-shirt Levis très sympa mais trop grand. On peut l’échanger, le père et le fils sont déçus mais ça va s’arranger.

Le mercredi après-midi suivant je retourne chez Citysport avec Clovis (cette fois-ci on essayera). J’ai aussi le teeshirt trop grand, le sac d’origine et le ticket. Je vais directement à la caisse, j’explique, je montre l’article et le sujet et “pas de problème”.

Mais voilà, c’est un S et il n’y a pas de XS. Clovis essaye toutes les marques cool du jeune surfer passionné (Billabong et QuickSilver c’est tout) mais c’est le même problème, le S reste trop grand. Dans le coin promo du magasin il y a plein de fins de série. Une vendeuse sympa m’y entraîne et là on découvre la perle rare: le t-shirt avec photo vintage de James Dean mais qu’on a recouvert de tatouages. C’est son préféré (évidemment) qui va forcément plaire à son père (euh vraiment?), mais bon il est en solde. On peut donc en prendre un 2e très sympa aussi avec des voitures. Il faut maintenant se dépêcher car le programme du mercredi avec les trois kids est chronométré donc je file à la caisse et là (Pause).
Problème:
Theodora rend un teeshirt à 24900 et achète 2 teeshirts à 15000 chacun et un grip pour raquette de tennis à 7000. Combien doit-elle sortir de son porte-monnaie pour pouvoir quitter le magasin avec ses achats?

La jeune femme à la caisse m’explique qu’il faut que je remplace par exactement le même montant. “?”

Mais les deux tee-shirt plus le grip pour la raquette de tennis ça fait 12100 de plus (au fait, je parle en francs CFA), je ne peux pas vous payer la différence? Du coup elle appelle une autre caissière et le vigile, prend un papier, fait des calculs, et me dit: Il y a 8100 de différence entre les tee-shirts. Mais je sais ça, je prends aussi un 2e teeshirt et un grip pour raquette de tennis. Visages fatigués face à moi: Il faut trouver un produit de 8100 francs à acheter dans le magasin.
Moi: Est-ce que c’est possible de faire le total d’aujourd’hui, de déduire le prix du tee-shirt rendu et de régler la différence? L’impératif: ne pas montrer son impatience, garder le sourire, rester polie et vite renvoyer Clovis avec Magic (le chauffeur) enchaîner le programme des enfants puis venir me rechercher au magasin car je sens que ça va être long….
La caissière reprend un papier, refait des calculs et me redonne la différence entre les tee-shirts, 8100. Si si je vous jure. Avec le sourire toujours, je lui dis, est-ce que je peux vous régler les 5100 de différence pour les tee-shirts et je paye le grip en plus. Mais ça ne va pas non plus parce que son problème c’est qu’il y a une différence de 8100 entre le teeshirt à rendre et un des deux autres teeshirts. Elle est embêtée, et moi je garde mon calme, je lui dis, on va bien trouver une solution (surtout ne vexer personne, d’autant que le vigile n’a pas l’air commode).

La clé de l’adaptation ici c’est de ne surtout pas être impatient et avoir du temps pour tout. Comme j’ai réglé le problème de l’emploi du temps des enfants grâce à Magic, je suis confiante.
Heureusement pour moi, en allant chercher le cahier des comptes (grand format rayures Sieyes ;)) la manager descend des bureaux avec la caissière. Je les laisse discuter, tous les 4, entre eux (je suis toujours très zen, aimable, confiante,… 😤) et là grand sourire de la responsable du magasin: il n’y a pas de problème madame, il reste 12100 à payer. OUF!!!
Gros bisous à toutes,
Théa

Moutmouts: midges mutants d’Afrique

Moutmouts

Ce n’est pas une nouvelle armée de créatures type JarJarbin dans Starwars43 mais des copains des Midges, ces petites bêtes qui vous empêchent d’aller visiter l’écosse à la belle saison mais plutôt à la Toussaint ou à Pâques parce que l’été il y a justement les midges et que c’est atroce…
Quoi, il y a des midges à Kribi!!!! Kribi, mon paradis du week-end. Ici forcément ils ont un comportement particulier et un nom différent, mais j’ai fait des recherches et c’est la même famille!!!
Le nom m’a fait sourire quand on m’en a parlé ” Kribi, c’est génial mais protège toi bien des moustiques car le palu là-bas est très mauvais, et puis il y a les moutmouts qui te piquent sans que tu ne t’en aperçoives et c’est parti pour des plaques rouges et des démangeaisons pendant 2 semaines”. Et voilà on me prend pour une débutante qui va paniquer à cause de moucherons qui piquent. Eh mais si j’ai accepté de vivre au Cameroun je sais bien qu’il y a la malaria, on gère, quant à vos moutmouts du shmout ça m’a l’air d’une grande histoire pour me faire peur.
Que nenni, que nenni! Cette nuit je me suis réveillée avec les jambes qui me brûlaient et me démangeaient. J’allume la lumière en panique: “M….. il y a un moustique qui est rentré et qui se déchaîne sur moi”. Mais non c’est les petites morsures sans intérêt que j’avais constatées la veille après la marche du gaz (10 km en courant ou en marchant organisé par le “comité olympique” de PetrolCo). C’est donc sûrement les fameux moutmouts. Ce n’est pas un mythe pour nouvelles expat!!! Ils sont encore plus sournois puisque les micro morsures mettent 12h à réagir!!!! Et 15 jours de démangeaison parait-il… Mais pourquoi moi? 😡😡😡😡
Enfin je veux dire: heureusement il n’y a que moi qui ai été mangée 😇 En effet ni Eddy ni les kids qui ont fait les mêmes 10km n’ont été attrapés.
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Le marché aux fleurs de Bonapriso

Le marché aux fleurs

Bonjour bonjour
C’est encore moi…
Imaginez une petite rue dans une grosse ville africaine, mais si vous en avez toutes déjà vu à la télé dans un reportage, avec des petites échoppes alignées les unes à côté des autres, (photo à la fin du mail). Sauf que là on est au “marché aux fleurs” de Bonapriso. C’est à dire, une quinzaine de vendeurs côte à côte, pas de mur de devanture, c’est ouvert sur la rue, et vaguement une cloison entre chacun (3 à 5m2 maxi).
Pour moi aller acheter des fleurs c’est me préparer à partir au front. Courage, on y va Magic! (c’est le chauffeur de Madame DG depuis depuis pour celles qui auraient oublié). On arrive et là, au lieu de se garer,  je lui demande de faire un premier repérage sans sortir de la voiture en roulant doucement devant les fleuristes. Grosse erreur, c’est pire! ils m’ont tous vu passer et regarder à travers la vitre.
Quand je descends ils se raboulent tous pour me montrer leurs pièces maîtresses ou leurs compositions pour centre de table, il faut parler plus fort que le voisin et je ne sais plus où donner de la tête. Heureusement, certaines échoppes sont spécialisées en raquettes et couronnes pour les enterrements. Ils savent que je ne suis pas là pour eux. Ouf! Pas parce que je n’ai personne à pleurer (à part sur moi-même de temps en temps, très rarement of course et je touche du bois) mais parce que ça fait quand même moins de monde sur mon marché: fleurs locales, coupées avec très grande tiges, et sans bouquet car c’est Carson only qui s’occupe des compositions.
Cette fois-ci Magic ne veut pas s’en mêler, conclusion même prix que la semaine dernière, pour deux fois moins de fleurs. Et pourtant je repars avec l’impression que c’est à cause de moi, exploiteuse de travail sous-payé, là tout de suite maintenant, que l’Afrique presque toute entière reste pauvre.
Oups, je veux dire en “voie de développement” bien sûr, des PVD quoi, depuis 50ans ou presque que l’on apprend ça en cours de géographie. J’aurais aussi pu dire LE mot “sous-développé” (underdeveloped countries selon Harry Truman en 1947) ou “pays du tiers monde”, ou encore me sentir responsable du faible IDH des nouveaux PMA…. (Tiers Monde étant une expression française qui date des années 50 en référence au Tiers Etat, doit-on s’attendre à une révolution du monde entier contre nous les PDEM 😱).
STOOOOOP!!!!! Je vais faire des cauchemars c’est certain. Le sentiment de culpabilité sera parti d’ici ce soir, il faut juste que j’apprenne ou que je délègue, mais pas celui d’avoir oublié tous mes cours de géo politiquement correctes😝.
Je vous laisse, tout en sachant que vous devez penser: “la pauvre, elle doit vraiment s’ennuyer intellectuellement pour se prendre autant la tête!”
Gros bisous à toutes,
Thea
PS:
Au cas ou vous auriez perdu votre français au profit de l’anglais:
PMA: pays les moins développés
PDEM: pays développé à économie de marché
IDH: indice de développement humain créé par les Nations Unies en 1990 pour évaluer le niveau de développement humain des pays du monde sur trois critères : le Produit Intérieur Brut par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation.
Voili-voilou
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