Point Famille Trotter février 2017

Point Famille Trotter février 2017


Ici tout va bien.

Eddy

se détend de mieux en mieux en dehors du boulot, rassuré par une vie qui s’installe tranquillement.

Clovis

a cassé avec sa parisienne, il est donc libre pour “flirter” localement… A suivre comme on peut, sans intrusion, tant que les résultats scolaires sont satisfaisants – nous sommes très classiques comme parents en fait 😉

Phileas

a trouvé ses marques en classe, au rugby, à l’escalade et au foot. Côté coeur, ça roule aussi, pourvu que ça dure. Toujours coincé entre son grand frère et sa “petite” soeur, les déjeuners en famille (rappel: il n’y a pas de cantine) restent quand même explosifs: un changement de place à table, une réflexion limite pestouille ou interprétée comme telle et c’est parti…

Lila

se rebiffe et il va falloir s’adapter. Plus question de porter ni jupe, ni robe. C’est pourtant la saison chaude: 37degrés en moyenne la journée en ce moment. Short en jean ou slim only. 10 ans. Mais pourquoi il n’y a pas d’uniforme?????!!!!!! Et les cheveux longs dans la figure je raconte ou vous voyez le tableau?

J’arrête car Lila c’est aussi et surtout ma championne de la bonne humeur, FaceTime, email ou Snapchat avec ses amiEs, des heures à dévorer des bouquins, une cavalière qui se découvre et se donne à fond.

Môrrice

le chien va bien. On fait avec les petits dégâts dûs à ses frustrations (personne à la maison pour lui) et à ses dents qui poussent.

Thea

Et moi je bosse à mi-temps tous les matins. Le bonheur:

  • Tout un univers à découvrir.
  • Délégation obligatoire ou presque des tâches ménagères.
  • Admiration des enfants.
  • En plus comme je n’ai rien à me mettre pour aller au bureau I HAVE TO go shopping. 🙂 🙂 🙂 Mais pas à Douala….

Je débarque à Londres avec les kids 3 jours à la fin du mois. Vous serez rentrées de vacances et je compte bien vous voir et rattrapper toutes les petites et grandes histoires que j’ai manquées.

Bisous à toutes,

Thea

PS: rappelez-moi de vous parler des pagnes du 8 mars…

 

 

La Feria de Douala

La Feria du RCP

Il y avait tout, comme dans le sud ouest (enfin je crois): tous le monde en rouge et blanc OBLIGATOIRE, 300 personnes (un monde fou quand même pour une feria à Douala!!!!), l’orchestre de cuivres (ce que j’appelle moi les “trompettes espagnoles”), open bar (gratuit) jusqu’à 9h30, plateaux de charcuterie, buffet de paella préparée par The famous cuisinier Oreste, plein de grandes tables de 20 personnes, une piste de danse, DJ Assy The one and Only, et l’ambiance.

Arrivée à la Feria: Clovis Eddy Thea et Merlin
Clovis Eddy Thea et Merlin

Je vous demande un peu d’indulgence car je découvre l’ambiance des fêtes populaires du sud ouest, terre de prédilection des rugbymen français, ici au Cameroun. Je ne suis donc pas au top en terme de vocabulaire, je n’ai peut être pas tout compris non plus avec l’accent (oui j’exagère 😆) et découvre des pratiques comme le paquito qui sont peut être pour vous des évidences.

Le dîner

A 9h20 j’ai chopé Merlin (l’autre ado du Rugby Club des Papas) au bar qui attendait 2 coca pour mélanger avec les 2 verres de whisky que Clovis avait à la main. Juste à temps cette fois pour confisquer le Jack Daniels. Ils ont probablement passé le reste de la soirée à danser et à rechercher des tickets de boisson. Ils avaient droit à une bière entre 20h et 2h du mat, il y en a peut être eu 2 …

Diner très sympa, bruyant, enjoué, arrosé, à une table très bien placée loin d’une baffle, avec de l’AIR et ça je vous jure c’est le rêve, la température variant de 40 degrés au moins sur la piste à 28 sur le parking.

Le service au buffet et les boissons à table (vin et champagne) était assuré par les joueurs du RCP eux-mêmes, organisateurs de cette septième feria devenue un must. Bravo messieurs!

Le Paquito Chocolatero

A mon goût le “paquito” a duré un peu. Je commence à parler le local, je m’y essayerai dans une prochaine chronique. Retournons à cette drôle de coutume où 50 mecs en pantalons blancs pour la plupart, se retrouvent assis par terre, jambes écartées, les uns derrière les autres comme une chenille, les bras en l’air, prêts à recevoir le paquet pour le passer en toute élégance au mec de derrière… Le paquet est une personne volontaire, pas forcément déjà bourrée, qui s’amuse à se faire porter allongée, bras et jambes tendus, à bout de bras tout le long de la chenille sur LE paso doble de Gustavo Pascual Falcó: Paquito el Chocolatero. En danse cela s’appellerait un “porté”, mais je n’y ai pas pensé tout de suite …

La soirée

DJ Assy, a clairement l’habitude des grandes soirées multi-culturelles (franco-camerounaises surtout) et sait enchaîner à merveille “Danse les sardines” de Patrick Sébastien avec “Take On Me” de Aha, je vous le concède c’est un challenge. Tout ça sans oublier Johnny Hallyday, Magic System et des groupes africains que je connais moins bien comme “Coller la petite” (de l’artiste camerounais Franko),

l’intégrale de Maître Gimms, un peu de salsa et de “latest hits” quand même. Chapeau l’artiste, la piste n’a pas désemplit de la nuit.

Conclusion

C’était génial! J’ai juste eu un peu chaud dans mon jean blanc…

Bises à toutes,

Thea

 

La cuisine de Jason

Est-ce que je m’habitue à la vie ici? Je n’écris plus. Pourquoi?
Flemme à cause de la saison sèche (il fait vraiment chaud).
Je suis déjà habituée et ma vie me semble normale.
Je suis partie depuis trop longtemps et je ne sais plus quoi vous raconter.
Je déprime.
J’espère bien que rien de tout cela ne s’applique.
Bon allez stop, je reprends ma plume.

La cuisine de Jason

Vous voulez mes histoires de princesse. Je sais. Alors je vais vous parler de Jason le cuisinier. Embauché par mes soins en décembre parce que Madame Bonemine en a marre de faire les courses et la popote midi et soir. J’ai contacté Jason grace à une annonce postée par sa soeur sur le site Facebook des expat du Cameroun. Il est jeune, a travaillé dans un restaurant, donc sait déjà cuisiner mais a surtout envie d’apprendre pour monter son affaire plus tard, donc Jason est hyper motivé… Comme il s’entend bien avec Carson c’est tout bon.

Mais former un cuisinier c’est aussi du boulot et je ne suis pas sûre d’être la personne qu’il faut: patiente, disponible et dans la cuisine avec lui pour lui montrer. Comme il aime essayer des recettes je lui sors mon classeur et nos succès familiaux: boeuf bourguignon certes, mais vu la chaleur, taboulé libanais, salade de quinoa, légumes farcis, coleslow au fromage blanc et au kiri, épaule d’ageau confite aux légumes, fajitas de poulet, toutes mes recettes thaï avec de la citronnelle et du lait de coco, plein de smoothies et des fruits préparés… La vie va être top. Je vais prouver qu’on peut avoir un cuisinier sans prendre 10 kg, il suffit d’avoir la bonne personne.

La cuisine, ça a toujours été mon domaine, 20 ans que je fais tout à ma sauce (ah ah ah) alors j’ai du mal. C’est pas pareil. Pourtant Jason est super sympa, veut faire plaisir aux enfants, volontaire, à l’écoute, patient et toujours souriant (même quand je déboule avec mon air excédé fâché).

Bon ben 2 mois plus tard, ça va mieux mais …

Pour faire plaisir aux enfants justement il s’est lancé dans la patisserie: crème au beurre, crème chantilly, glaçage des cakes pour le goûter… tout ce qui coûte hyper cher ici et qu’il n’a jamais du pratiquer. Surtout que les enfants ce qu’ils veulent ce sont des crêpes au Nutella un point c’est tout. La crème et le beurre c’est un peu délicat quand il fait entre 30 et 35 degrés. Pour progresser par rapport aux crêpes je lui ai proposé d’apprendre à faire les meringues, ça ne craint rien et le résultat est délicieux. Ouf!
Les smoothies n’ont plus 100g au minimum de gingembre frais 😬ou de sirop Teisseire ajouté pour que cela soit plus sucré🤔.
Les plats traditionnels c’est pas notre truc (pas facile à dire quand c’est préparé spécialement pour nous avec l’objectif de nous faire apprécier…).
On consomme le double d’huile “que quand c’est moi qui cuisinait”.

Et je fais beaucoup moins les courses ☺️
Bisous à toutes,
Thea

Môrrice est arrivé (eh eh eh!)

Môrrice le chien.


Oui j’ai été prévenue.

C’est un nouveau personnage qui j’espère ne sera pas trop envahissant. L’organisation du voyage de retour avec le chien est assez compliquée pour que l’arrivée à bon port soit forcément un soulagement.

De courte durée? Oui.

Môrrice, Labrador sable/blond/blanc/jaune (c’est comme vous voulez) de 4 mois et demi est “vraiment trop chou!”. Alors il est très mignon certes, il a pris un bon choc thermique en passant de -5 à +35 et nous suit partout. Mais comme tout chiot Labrador, une furie sommeille en lui et là, même les enfants se mettent à hurler “non Môrrice! NON NON NON!”, à tirer sur leurs affaires qui traînent, puis à s’engueuler entre eux parce qu’ils n’arrivent ni à sauver leur tong, leur basket, la petite culotte, le Freegun ou la chaussette sale, ni à lui faire lâcher la moustiquaire dans laquelle il s’est emélé, ni à le faire descendre du lit sur lequel il a sauté (avec la moustiquaire) … Total Chaos!

Comment un jeune labrador peut détruire votre maison.

Il n’y a que moi pour le calmer mais j’ai les marques de ses dents de laits pointues pour prouver que ce n’est pas si simple.

Dans le salon, où on retrouve les calçons et chaussettes que nous n’avons pas interceptés, on a du mal à se poser dans un canpé, sauf quand le chien dort…

“Il faut l’éduquer!” mais oui, ça aussi on me l’a dit mais bon… J’y connais rien moi!

Et pourtant il nous aime ce Môrrice et voudrait même dormir avec nous. Philéas a essayé (en cachette) une fois. Avec les ronflements du chien, la peur du pipi (ou pire) sur sa chère descente de lit en laine avec Union Jack et la crainte d’un réveil musclé, il n’a pas dormi beaucoup mon Philou.

Depuis, les enfants n’ont pas appris à ranger leurs affaires, je suis la seule qui y croyait un peu, mais ils ferment très bien leurs portes quand ils entrent et sortent de leur chambre ou des salles de bain.

Sinon tout va bien, la vie reprend son cours avec une chaleur de dingue et l’harmattan* venu du désert malien. Pas une goutte d’eau depuis un mois. L’école, les enfants ça va. La santé ça va. Le mari, comme d’hab. Et moi je n’ai même pas le temps de vous écrire et de vous souhaiter une très bonne année 2017.

N’hésitez pas à me donner de vos nouvelles et bisous à toutes,

Thea

*L’harmattan est, au Sahara et en Afrique Centrale et de l’Ouest, un vent du nord-est, très chaud le jour, plus froid la nuit, très sec et le plus souvent chargé de poussière. C’est un alizé continental. (d’après Wikipedia of course)

PS: mot d’accès friendsOnly56

Et je ne résiste pas à vous envoyer le lien you tube de la bande annonce du film Didier

 

La Coupure d’eau

La coupure d’eau

Je ne m’aperçois qu’après trois mois à Douala que les coupures d’eau générales sont presque quotidiennes!!!! Mais pourquoi?

Pourquoi c’est si fréquent? Ou pourquoi je ne m’en aperçois que maintenant?

Pour la réponse à la question 1, il faut que je fasse des recherches. Pour la question 2, c’est parce que je vis comme une princesse. Je m’explique.

Notre maison est immense avec

  • un jardin magnifique entretenu 6 jours sur 7 par Equinoxe,
  • une piscine de star de cinema visitée quotidiennement ou presque par un piscinier.

    piscine de Douala avec Thea
    Thea vous présente sa piscine de star à Douala

Ce matin le piscinier a fait LA boulette (ref Le Diner de cons) de sa carrière: il n’a pas vérifié si il y avait une coupure d’eau avant et pendant qu’il remplissait notre bassin olympique (oui bon j’exagère quand même un petit peu pour la taille de la pistoche pas pour the boulette).

Résultat:
  • Il a réussi à vider les six mètres cube (oui 6m3) de réserves de la maison!!!

    img_2455
    La réserve d’eau de la maison
Conséquences:
  • Plus de douche
  • Plus de chasse d’eau
  • Une cuisine dégueulasse pleine de vaisselle sale
  • Deux employés qui se tournent les pouces (oui j’ai embauché un cuisinier 🤗)

    Cuisine de Douala
    Cuisine de Douala version sale
  • Le stress de la réponse à la question “c’est revenu?” -“Non”
Conclusion
  • Carson a repris son rôle d’intendant, a passé un savon dans un langage à l’africaine au piscinier qui pipotait pour se défendre et demande à voir son responsable ASAP.
  • C’est quand même la honte de vider les réserves d’eau pour une piscine (donc il va falloir trouver le temps d’aller s’y baigner aujourd’hui).
  • On n’est jamais mieux servie que par soi-même.

La princesse naïve que je suis vous embrasse toutes,

Thea

PS: le pisciniste construit des piscines, le piscinier les entretient mais aucun des deux ne passe le correcteur d’orthographe.

La réunion parents professeurs de rentrée

La réunion parents professeurs de rentrée

Il est temps que je vous raconte celle-ci car les conseils de classe du 1er trimestre commencent déjà.
C’est du très classique si vous avez des enfants dans les lycées français de l’étranger. Cette réunion a lieu en fin de journée-début de soirée, environs deux semaines après la rentrée et c’est parents only. En général il y a un niveau par jour. Trois enfants, donc trois “cinq à sept” de bloqués. La maison doit fonctionner sans moi pendant ces heures critiques. Ben oui critiques, tous le monde est crevé, en plus “il fait chaud Maman tu ne te rends pas compte”, les garçons ne veulent pas faire leurs devoirs, tu ne supportes plus de les voir chatter sur iPod, iPad, ordi, téléphone pendant que toi tu vérifies Pronote. C’est aussi l’heure du “qu’est-ce qu’on va diner?” et donc du “mais qu’est-ce que je fais ici?”.

Ouep, en fait c’était bon d’avoir une excuse pour dire: “Je m’en moque, débrouillez-vous, moi je vais à l’école! Bisous, bisous mes chéris.” Et de sauter dans la voiture conduite par Magic.

Les étapes:
1- Arrivée dans la salle polyvalente.
2- Speech du proviseur (il fait chaud et on n’est pas très bien installé).
3- Présentation de l’équipe pédagogique.
4- Questions d’ordre général: la sécurité bien sûr et only car il n’y a pas de cantine…
5- Rendez-vous dans les classes avec l’instituteur ou le professeur principal.

Je laisse tomber le primaire, Lila en CM2 a un maître top et les parents ça va (à part deux psychopathes comme partout qui trouvent que les enfants n’ont pas assez de devoirs et n’utilisent pas assez leurs manuels).

Je vous raconte donc les Secondes, 1er enfant au Lycée chez nous, je suis donc plus attentive aux info et au déroulement des opérations. Les salles de classes sont indiquées sur un panneau dans la cour, je ne sais déjà plus si Clovis est en Seconde B ou C et je ne connais aucun des parents d’élèves donc je l’appelle pour savoir. C’est C. Deuxième étage, escalier extérieur, 30 degrés à 18h, il fait nuit, il n’y a pas d’éclairage, je suis maquillée, coiffée et sur des talons de 10 cm. C’est la fameuse soirée avec cent personnes qui m’attendent à la maison. Allez, je monte!

Entrée remarquée, mais je ne suis pas encore en retard. Les places du fond sont prises je m’assieds donc devant. C’est bien pour voir les profs de près mais super nul pour rencontrer les parents car je leur tourne le dos. La prof principale, mathématiques, est là. Elle a l’air d’être dynamique, motivée, charmante, souriante, organisée, sympathique, dans la trentaine: tout va bien.
Les profs se succèdent, se présentent rapidement. On en voit la moitié, c’est déjà pas mal (je rappel que c’est un standard Lycée français AEFE). Il y a bien des absents qui n’arrivent que la semaine prochaine et un congé mat jusqu’à Noël qui sera remplacé. Génial! Bon, le remplaçant de DNL* qui doit faire cours en anglais ne parle pas anglais mais c’est un super prof d’Histoire Geo 😉

Enfin, on arrive à l’élection des parents délégués de la classe. Consensus timide, poli mais ferme: nous sommes quatre parents a bien vouloir s’en charger, deux délégués et deux suppléants. Parfait? Mais non car madame Machin, super prof principale veut un combat de parents, de vraies élections avec votes à main levée. Elle continue à encourager le reste des parents à se présenter, mettant en oeuvre toutes ses qualités mentionnées ci-dessus. J’hallucine. Heureusement pour moi c’est sans succès, car l’heure tourne et je suis attendue sur mes talons, la robe déjà un peu froissée et le brushing presque à plat.

Bises à toutes,
Thea

*DNL: Discipline Non Linguistique
Ce qui n’apporte rien à la question: “mais qu’est-ce que c’est?”. Clovis a normalement 4heures d’anglais supplémentaires par semaine en option Européenne, une heure de cours d’anglais et 3 heures de DNL, une autre matière que l’anglais enseignée en anglais. Cette année c’est Histoire-Géo mais en français jusqu’à Noël 😉

Réception chez Yanis

Réception chez Yanis

“Et bonne chance surtout”

(Phrase culte de Jean-Claude Duce dans Les Bronzés font du ski. Vous vous souvenez du moment où il dit ça? …)
Je reprends là où je vous avais laissées. Je suis au frais dans la voiture devant l’hôpital de Tokalo et j’attends que ça se termine pour rentrer à Douala me coucher. Je vais un peu mieux et j’ai honte de toute l’attention qu’on me porte. Quand Emma revient à la voiture je fais la grosse erreur de lui dire: “Surtout ne changez rien au programme pour moi”. Soulagement pour toutes les filles (les membres du Comite Dames qui ont fait le déplacement jusqu’ici): la fête continue. Nous allons donc chez Yanis au village qui a préparé une réception pour l’événement.

Yanis est heureux. C’est la concrétisation de son projet grâce au support du Comité. Pour l’occasion il nous a organisé un grand buffet dans la maison qu’il est en train de construire pour sa retraite, au village derrière la maison de ses parents…

Mon Dieu, comment vais-je tenir? Je suis debout mais la nausée n’est pas loin. Donc assise. Je regarde discrètement ma montre. Il est 13h. La famille dresse le buffet. Yanis va chercher le vin rouge et le vin blanc. Il y a aussi du Top et de l’eau. Le vin rouge c’est du Saint Emilion cru bourgeois qui se retrouve dans des verres en plastique de 500ml par 35 degrés, une bouteille fait donc 2 verres!!! No comment. Le vin blanc, c’est comme ça qu’ils l’appellent, c’est un bidon de vin de palme 😱.

“Qu’est ce que c’est que le Top?” Mais c’est LA marque de toutes les boissons gazeuses ultra sucrées du Cameroun: Top cola, Top Tonic, Top orange, Top citron, mais aussi ananas, pamplemousse, fraise, grenadine et j’en oublie. La seule qu’ils ne font pas c’est l’eau gazeuse, ça s’appelle du Schwepps soda.

”Juste un verre d’eau pour moi s’il vous plait, je suis désolée je ne suis vraiment pas en forme”. Même pas un Top. Heureusement les filles profitent pour moi, je les entends rire aux éclats dans la pièces à côté, où elles se sont retrouvées entre elles.

La nourriture arrive, c’est la grande classe, tous les plats traditionnels sont devant nous:

  • La carpe
  • La banane plantin
  • Koki (pain de haricots blancs à l’huile de palme)
  • Manioc et patate douce
  • Gateau de pistaches
  • N’Dolé (la chose verte en bouillie)
  • Gateau de manioc: Ekoka
  • Bobolo ou Miondos (j’ai du mal a faire la différence): bâton de manioc ficelé dans une feuille de bananier.
  • Porc-Epique (la viande marron au fond)
  • Mitumba (pain de manioc cuit dans des feuilles)
  • et enfin au bout du riz

Non mais si ils croient qu’un jour je vais goûter du 🐭! Je n’ai pas signé pour Kolanta et avant que j’ai besoin d’en manger pour survivre…. Mais il ne faut jamais dire jamais, non? Quant au N’Dolé et au manioc, c’est fait. Pour le poisson, vu la route je me méfie.

Je les regarde boire et manger, je tiens le coup avec un sourire faible et poli, des grands “Merci”, “Je suis vraiment désolée”.

14h15 il est temps de partir pour arriver à Douala avant la nuit. Les règles de sécurité de PetrolCo sont claires: on ne conduit pas la nuit. Il n’y a pas d’éclairage sur les routes, les trous sont énormes et plus de la moitié des voitures et des camions n’a ni phares ni rétroviseurs…

C’est le moment des grandes embrassades, des photos avec les portables de tous le monde, et de charger les cadeaux à l’arrière du pick up maintenant vide. Pour nous remercier Yanis nous offre à tous du manioc en rouleau et des plantains. Si d’un point de vu culinaire nous sommes très différents, les téléphones portables, WhatsApp, les selfies et les réseaux sociaux rapprochent nos habitudes (du moins pour notre jeune génération😉).

Voici quelques photos témoignage et bises à toutes,

Thea

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Remise de dons au centre de santé intégré de Tokalo

Remise de dons

Nous sommes donc bien arrivés au Centre de Santé Intégré de Tokalo. Devant le bâtiment il y a 2 tentes-barnum. A droite, celle pour les villageois avec des bancs pour une centaine de personnes, au milieu le pupitre avec le micro, à gauche la tribune pour les invités d’honneur avec deux rangées de sièges. Je me rends compte à ce moment là de l’importance de l’événement localement.

Les officiels sont: le chef du village, le sous-préfet du département, le chef du centre de santé départemental, Yannis le cadre de PetrolCo originaire de ce village qui a apporté le projet et nous 8 (les femmes en vert).

Crève + 4h de route + chaleur accablante = j’ai bien peur de ne pas pouvoir tenir mon rôle de marraine, que je définirais en deux mots:

“soutien et sourire”.

Mais bon, j’y vais.

Première étape: l’arrivée

Descente de voiture. Je marche devant avec Emma qui me suit de près avec les autres femmes de PetrolCo.

Remise du bouquet à THE marraine (moi) par une petite fille du village. Alors comme Kate je me suis baissée, j’ai pris les fleurs avec un grand sourire et puis j’ai demandé à la petite fille “tu t’appelles comment?” pour la remercier. Et là, (c’est pas un prénom ca!!!!!)  j’ai dit très très vite “Merci beaucoup Junearissabonjémassé”…

Ils ont tous du trouver que j’avais un accent bizarre, enfin c’est ce que je me dis. No comment (après reflexion elle a du me donner tous ses prénoms et tous ses noms: June Larissa MBonji Macé).

Deuxième étape: remise des dons

Nous nous asseyons à nos places, je suis au premier rang, au centre, madame la sous-préfet à ma droite, Emma à ma gauche (ouf!). Commencent les discours (c’est long mais comme je n’ai pas à en faire je suis soulagée): la présidente du comité, le responsable de l’hôpital départemental, le chef du village. Suivis du spectacle pour l’occasion (si si avec un vieux clown extraordinaire qui faisait des blagues en dansant et en chantant) puis c’est la remise symbolique des dons au responsable du centre.

Je me lève avec Emma, nous remettons dans les mains du responsable un carton de medicaments. Puis les chauffeurs avec de l’aide apportent le reste du materiel. La tribune d’honneur vient se joindre à nous pour les photos. Ca dure, mais ca dure …

Puis je retourne m’assoir avec les autres.

Troisième étape: visite du centre et premier buffet

Je vais m’évanouir (sans déconner), je panique à l’idée de vomir là, devant tous le monde. Je dis à Emma que je ne me sens pas bien. D’un signe Jacques le chauffeur arrive et avec Emma me soutenant à gauche, Jacques me soutenant à droite, je marche jusqu’à la voiture pour me reposer à la clim (pas de clim dans l’hôpital), je rassure le médecin qui vient me voir et lui promet de le faire quérir si cela ne va pas mieux.

LA HONTE!

J’ai raté la visite, cela m’attriste et me manque car c’est pour ça que j’ai fait le voyage, pour voir à quoi ressemble une annexe d’un hôpital départemental ici au Cameroun, rencontrer le personnel médical, me faire mon idée à moi. C’est dure de comprendre que des médecins, des infirmières, avec des années d’études et des diplômes d’état puissent vivent dans des lieux et des conditions si loin de nos standard de confort minimum européen.

Bon j’ai manqué le buffet, dommage (vraiment? 😝). Mais il y a une suite: La réception d’honneur chez Yannis …

Voyage à Tokalo

Voyage à Tokalo

8h de route dans la journée.

Objectif: acheminer et remettre des dons en matériel medical et hospitalier (3 lits médicalisés et autres équipements ainsi que des médicaments) au Centre de Santé Intégré de Tokalo.

Trajet: 110km au nord de Douala.

Problème: J’ai la crève (si, ici aussi il y a des virus bénins mais ch…..).

Départ à 6h30, Emma la présidente du comité vient me chercher à la maison et nous partons avec Jacques, le chauffeur, pour Tokalo. J’appréhende un peu ce voyage en tête à tête à l’arrière du Prado pendant 8 heures. Nous devons retrouver en route le convoi de PetrolCo, c’est à dire un autre 4×4 et l’énorme pickup qui transporte notre cargaison.

Pause au PK40 (kilomètre 40) pour une pause pipi et un croissant que les filles nous ont acheté, quatre voyagent dans le 4×4 et 2 dans le pick-up. Même si je ne suis pas en forme c’est bonne ambiance, les filles plaisantent et sont clairement heureuses d’être là. C’est l’aventure mais aussi l’aboutissement de leur projet. Nous portons toutes (nous sommes 8) pour l’occasion un polo vert petrolCo.

PK45. C’est déjà la fin de la route en bitume à trous. Prévoir un soutien gorge de sport maintien maximum pour les trajets en voiture, je m’en souviendrai.

Après le croissant, je ne vais pas mieux, c’était une erreur. Mais bon j’ai prévenu Emma que je ne me sentais pas très bien donc je peux somnoler et ne suis pas obligée de faire la conversation à ma voisine.

A 80 km, la route en latérite s’arrête pour nous laisser continuer sur une piste. La difference? La photo avec la voiture dans le trou, c’est de la piste. Sur la latérite, il y a des trous mais ça passe, la piste mouillée: ça ne passe plus.

La voiture engluée c’est un taxi, en général une vielle Toyota du début des années 90 de couleur jaune. Celle-ci est toute neuve, très rare. On s’arrête, il y a seulement deux voitures devant nous, mais déjà pas mal de monde au balcon qui sort d’on ne sait où. Finalement, le taxi embourbé est littéralement porté à bout de bras hors de l’ornière par les gens du coin, le chauffeur de la ville et son passager ne se sont pas salis, et nous pouvons continuer, secouées certes, mais sans autre soucis jusqu’à Tokalo.

J’avoue avoir fermé les yeux plusieurs fois en priant pour que nous ne restions pas coincés, c’est sure que le gros 4×4 de Bonemine n’aurait pas été soulevé comme le taxi…

Demain je vous parle de la remise de dons au centre de santé intégré de Tokalo

Bisous à toutes,

Thea

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Journée d’action bénévole en famille

Journée d’action bénévole en famille

Nous sommes rentrés la veille d’Europe, mais nous voulions être là pour l’orphelinat Saint Joseph! Notre première action bénévole en famille (n’ayons pas peur du premier cliché: la famille expat BIEN).

Oreste, le meilleure cuisinier/restaurateur français du coin, organise avec le soutien du Rugby Club des Papas (the très connu RCP de la ville) une journée découverte-ateliers de rugby pour les enfants des rues du foyer Saint Joseph. Petrolax (il n’y a pas que PetrolCo dans les parages) prête son terrain de foot avec ses infrastructures, Oreste mobilise ses équipes pour préparer un déjeuner à la française (salades, brochettes de bœuf et poulet en sauce, gratin dauphinois, brandade de morue…) pour une centaine d’enfants. Les joueurs du RCP et les Mini RCP sont sur le terrain dès 9h du matin (il fait déjà 30° ou presque).

AM

Les enfants du foyer arrivent en bus avec Sœur Monique ici depuis 15 ans, successeur de la fondatrice de la mission. Il y a aussi Julien, “le nouveau coopérant” (je ne savais pas que ça existait encore, je rajeunis c’est cool non?) qui est là pour 2 ans, en charge de la gestion et du développement de la mission. Et puis, HEUREUSEMENT, les animateurs habituels des enfants.

Pendant que les RCP members, mini et maxi, sont sur le terrain, les mamans sont aux fourneaux pour préparer les gâteaux (cliché number 2). Il faut aussi trier les vêtements, retrouver les cahiers et crayons et l’enveloppe à donner à l’orphelinat.

Je vous rappelle que c’est le retour de 15j de vacances: donc en même temps on vide les valises, on fait les lessives (un minimum) et mince il n’y a RIEN dans le frigo! Courses à l’arrache avec l’essentiel du jour: des œufs, du beurre, du sucre et de la farine. Retour à la cuisine, vite, vite un gâteau au yaourt aux pommes et des cookies au choc et raisins secs (avec du recul j’aurais dû bêtement faire un mega gâteau au chocolat mais je voulais faire goûter des ingrédients de chez nous. Quoi? Je suis cucu? Oui bon bref, encore une tentative de Madame parfaite à l’eau).

Sans avoir déjeuné, on arrive sur le site à 14h avec un gâteau qui a mis 1h30 à cuire et la moitié des cookies car plus le temps, persuadée que tout était pour le dessert. Lila me soutient ou plutôt me suit depuis le matin avec l’unique espoir de peut être réussir à avoir un playdate en fin de journée quand tout ça sera fini. Le terrain est vide, les enfants sont encore à table dans le réfectoire. Dehors, quelques hommes blancs fument leur clope avec un pastis ou une bière à la main (cliché number 3, resistant: l’expat d’Afrique boit beaucoup et se laisse aller) mais la grande majorité des papas fait le service du dej à l’intérieur.

WAHOU!!!! Bravo les mecs! C’est très joyeux, convivial, mélangé, bonne ambiance… mais aussi BRUYANT et DEGUEU, il y en a de partout (vous me direz, c’est comme à la cantine mais justement je n’y suis pas et ici il n’y en a pas).

PM

Les gâteaux seront pour le goûter. La journée n’est pas finie: les ateliers c’était le matin maintenant on joue. Eddy est liquide, claqué mais heureux, c’est son truc l’encadrement, il a quand même passé son BAFA à 18ans 😉. Clovis et Phileas (15 et 13 ans) suivent le mouvement, ils vont enfin jouer… Pas sur que Philou ait bien capté le but de la journée dis-donc, je le vois râler de loin, il n’est pas avec ses copains. Les enfants du mini RCP sont répartis dans les différentes équipes avec les enfants du foyer. C’est pour ça qu’ils sont là depuis 9h du matin.

Pendant ce temps je rencontre et discute avec Sœur Monique et Julien qui veulent parler de leurs projets à PetrolCo … Là, je redeviens Marraine et les aiguille vers “the Comité des dames”. On se reverra. Mes copines arrivent peu à peu, elles savaient que ce n’était pas la peine d’arriver trop tôt, elles. On papote, on rigole et c’est l’heure du goûter. Au boulot. On coupe les gâteaux puis distribution. Heureusement que les animateurs sont là pour mettre de l’ordre et tout le monde en rang sur 2 files (oui même les mini RCP). Et c’est parti! Il y a même eu 2 passages, un franc succès.

Les mecs sont “à démonter et à repeindre” et à nettoyer aussi. Eddy est impatient de rentrer, mes garçons moins, ils ont retrouvé leurs potes, plein de choses à se raconter et pas du tout envie d’approcher leur bureau. Oui ils sont entre eux, on arrête là les clichés, on ne mélange pas en une journée deux mondes si éloignés. Mais ils ont joué ensemble c’est déjà ça 😇.

Nous quittons le terrain discrètement pendant que les enfants ont droit à une boisson et que les adultes terminent les bouteilles de pastis, “il fait soif” et toujours chaud c’est vrai.

Bisous à toutes,

Signé Thea

PS:

1- Non je n’ai pas de photos.

2- BAFA: Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur.

3- L’organisation “Orphelinat Saint Joseph” pour les enfants des rues, comprend 2 “orphelinat/foyers” de garçons, une ferme de réinsertion avec activités agro-pastorales, et s’occupe du suivi des filles (en générale placées avec de la famille) soit à l’école, soit en formation professionnelle ou en apprentissage avec un système de crèche pour celles qui sont déjà mère.

4- Rappel: j’invente tous les noms de mes personnages bien évidemment fictifs 😘😘